Gestion d'atelier

Stock de pièces au garage : les erreurs qui immobilisent de la trésorerie

Cédric Soliveau 5 min de lecture

Dans un garage, le stock de pièces n'est pas un entrepôt : c'est de la trésorerie garée sur une étagère. Trop peu, le véhicule attend ; trop, l'argent dort et une partie finira périmée ou obsolète. Voici comment tenir le milieu.

Les trois familles à ne pas gérer pareil

  • Les consommables (huile, filtres courants, plaquettes des modèles fréquents, ampoules, visserie) : ils tournent, on les stocke, on les réapprovisionne à seuil.
  • Les pièces d'intervention, commandées pour un véhicule précis : elles ne doivent jamais dormir. Commandées, reçues, posées, facturées, dans la même semaine si possible.
  • Les pièces immobilisées : commandées pour une intervention annulée, mauvaise référence, retour client. C'est là que l'argent se perd, silencieusement.

L'indicateur qui compte : l'âge du stock

La valeur totale du stock ne dit rien. Ce qui compte, c'est depuis combien de temps chaque pièce est là. Une référence entrée il y a plus de six mois est un signal : soit elle ne sert pas, soit elle a été commandée pour une intervention qui n'a jamais eu lieu. Sortir cette liste une fois par trimestre, et traiter les lignes une par une (retour fournisseur, revente, casse), récupère souvent plusieurs milliers d'euros de trésorerie.

Rattacher chaque pièce à son intervention

C'est la règle qui change tout : une pièce commandée doit porter le numéro de l'ordre de réparation. Sans ce lien, personne ne sait pourquoi la pièce est là, et la marge réelle de l'intervention reste inconnue. Avec ce lien, trois choses deviennent possibles : savoir ce qui est en attente de réception, facturer exactement ce qui a été posé, et calculer la marge par OR plutôt qu'une marge globale de fin d'année.

Le test de la pièce orpheline

Prenez trois pièces au hasard sur l'étagère. Pouvez-vous dire, en moins d'une minute, pour quel véhicule elles ont été commandées et quand ? Si non, votre stock contient des orphelines — et elles coûtent.

Le réapprovisionnement à seuil, sans usine à gaz

Pour les consommables seulement : un stock minimum, une quantité de réapprovisionnement, et une alerte quand on passe sous le seuil. Pas besoin de plus. L'erreur courante est de vouloir appliquer cette logique aux pièces d'intervention, qui par nature ne se stockent pas.

Inventaire : deux fois par an, en tournant

L'inventaire annuel complet est pénible et souvent bâclé. Mieux vaut un inventaire tournant : chaque mois, une famille de références. Le comptage est court, les écarts se corrigent à chaud, et il n'y a plus de journée entière à sacrifier. Un logiciel de gestion d'atelier qui tient le stock permet de sortir la liste à compter par emplacement.

Ce que ça change sur la marge

Trois effets mesurables : moins d'achats en urgence (les plus chers), moins de pièces facturées à un prix qui n'a pas été mis à jour, et surtout la fin des pièces posées mais oubliées à la facturation — le poste de perte le plus courant, parce qu'il ne laisse aucune trace visible.

Questions fréquentes

Faut-il un logiciel dédié au stock ?

Non, pour un garage indépendant : le stock doit vivre dans le même outil que les OR, sinon on recrée une double saisie entre les deux.

Comment traiter les pièces déjà immobilisées ?

Par ordre de valeur décroissante : les plus chères d'abord, retour fournisseur si la fenêtre est encore ouverte, revente entre confrères ensuite, sortie comptable en dernier recours.

Et les pneus stockés pour les clients ?

C'est un stock client, pas un stock atelier : il se suit par véhicule et par emplacement, avec une facturation de gardiennage. Voir logiciel pour centre de pneus.

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